Le chapeau magnifié, installé dans les anciennes usines Fléchet

Selon Éliane Bolomier, conservatrice du Musée du chapeau de Chazelles-sur-Lyon, la mission et la philosophie du Musée du chapeau sont depuis toujours de « conserver et sauvegarder les savoirs-faire de la chapellerie« .

Le 7 avril dernier marque l’inauguration du nouvel Atelier-Musée du Chapeau, dorénavant installé dans les anciennes Usines Fléchet dédiées à la fabrication de chapeaux de feutre de 1859 à 1976.

 

Vitrine des chapeaux

Magnifiquement rénovés, ces batiments classés monuments historiques, accueillent deux niveaux d’exposition:

L’un consacré au coeur de métier de Chazelles -sur-Lyon, à l’époque de la gloire du chapeau :  le travail de transformation du feutre en chapeau, puis aux métiers périphériques de la chapellerie. Les étapes sont expliquées et démontrées pour certaines par une visite passionnante.

L’autre à l’exposition des chapeaux de diverses époques et corps de métiers, dans un cadre somptueux.

Le musée possède un centre de formation continue : il permet à des professionnels de se former aux métiers du chapeau toute l’année, par des ateliers spécialisés. Également des Ateliers-boutiques animés entre autre par un formier et une modiste.

Éliane Bolomier ouvre ainsi l’Atelier- musée du chapeau aux tendances et savoirs-faire de la mode, afin d’inscrire le chapeau dans une nouveauté permanente et un grand dynamisme.

 

Vitrine des chapeaux

Vitrine des chapeaux

Vitrine des chapeaux

Aux heures de gloire du chapeau, deux mille cinq cents ouvriers oeuvraient sur Chazelles, pour un peu moins de six mille habitants. Malgré la hiérarchie des métiers exercés au sein des ateliers, la solidarité maintenait une paix sociale : ainsi durant les années difficiles, marquant peu à peu le déclin de l’activité, les ouvriers payés à la pièce, donnait leur tour aux chômeurs afin de leur assurer un revenu. Au faîte de sa gloire, Chazelles était autonome économiquement, fière de ses vingt neuf manufactures de chapeaux.

 

Musée du chapeau, Chazelles : ancienne usine Fléchet

Ancien bureaux de la manufacture de chapeaux Fléchet

Les grandes fenêtres des ateliers ci-dessous, permettaient par transparence, de vérifier la densité suffisante du cône de feutre durant leur formation. Les carreaux du haut des fenêtres, peints en bleu par les ouvriers, atténuaient les rayons du soleil et le système d’ouverture des fenêtres ventilaient les locaux.

Ainsi, la très belle et nouvelle scénographie du Musée du chapeau s’inscrit dans des teintes sourdes, terre de sienne et taupées; les murs semblent peints à la chaux et ajoutent une sensation de douceur, d’espace au musée.

 

Les fenêtres de l’ancienne usine Fléchet

On trouve la trace du feutre jusqu’à 7000 ans avant JC en Asie. Le feutre utilisé pour la confection de chapeaux est à base de poils de lapin domestique, garenne ou lièvre; c’est un poil chaud et imperméable, bien plus que les poils de laine.

Le feutre est fabriqué manuellement jusqu’à la première moitié du 19° siècle, puis mécaniquement : principalement dédiées au travail du feutre, les machines exposées dans le Musée du chapeau, sont le témoignage du progrès de la seconde moitié du 19° siècle. Actuellement, les usines utilisent les mêmes machines, mais sont localisées dans les pays de l’Est et au Portugal.

 

 

Formation du cône de feutre dans une bastisseuse en cuivre

Le cuivre a des propriétés qui permettent au feutre de ne pas perdre sa couleur durant ses divers traitements. Ci-dessus, cet appareil en cuivre pulvérisait les poils de lapin sur le cône perforé, afin de former la cloche de feutre. A l’issue de l’opération, de l‘eau à 60 degrés était pulvérisée pour agglomérer les poils de lapin.  Le cône encore très fragile, subissait  ensuite maints traitements avant de devenir un chapeau prêt à porter. Il existe trois finitions pour le feutre: coupé à ras, de type feutre flamand, imitation fourrure et « taupé », imitation velours.

Impression des cônes de feutre :

 

Pochoir pour impression des motifs sur les cônes de feutre

L'atelier d'impression sur cônes de feutre

Sérigraphie

 

Mise en forme du chapeau :


Démonstration de la mise en forme du cône de feutre

 

Pièces de bois de tilleul pour la mise en forme des cônes de feutre

 

Eliane Bolomier, conservatrice de l’Atelier-Musée du chapeau, présente le nouveau musée dans un décor du 19° siècle :

 

Eliane Bolomier, conservatrice du musée du chapeau

Boutique de chapeaux

Boutique de chapeaux

 

Horaires d’ouverture:
Tous les jours sauf le lundi de 14h à 18h.
En juillet et août: tous les jours de 11h30 à 18h30

Atelier -Musée du chapeau
La Chapellerie
31 rue Martouret
42140 Chazelles-sur-Lyon
04 77 94 23 29

Restaurant:
Au Chapelier gourmand
4 rue Marguerite Gonon
42140 Chazelles-sur-Lyon
04 77 06 92 83
Menu 13 euros le midi

 

Par Valerie Ferrat, mySeelk

2 réponses à “Le chapeau magnifié, installé dans les anciennes usines Fléchet”

  1. benevent dit :

    avec quel produit les poils de lapin étaient ils traités ?
    merci

    • Myseelk dit :

      Bonjour,
      Merci à l’Atelier-Musée du Chapeau de Chazelles pour ses explications, suite à votre question:
      « Le traitement chimique du poil avait lieu à deux étapes du process et avait comme fonction d’améliorer le feutrage :
      - Le secrétage avec l’utilisation de mercure dans les couperies de poil (en dehors de Chazelles)
      - Le foulage mécanique avec l’acide sulfurique ».

      En espérant avoir répondu à votre demande,
      Myseelk

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