Icône de Mode, au Musée des Tissus de Lyon

Richesse et faste des étoffes: brocards à fond d’argent et fleurs d’or, pierres précieuses et perles, dentelles d’or et d’argent, broderies, soie brochées.
Garde-robes inspirées et issues des habits de cour et des élégantes du dix-huitième° siècle, parures prestigieuses, perruques, parfums, fards…
Un vestiaire unique en France, en provenance de Toulouse, dont vingt deux-costumes sont présentés au Musée des Tissus de Lyon.
Une nouvelle collection conçue par des noms de la Mode contemporaine : Jean-Charles de Castelbajac, Franck Sorbier, Jean-Michel Broc.

 

De qui s’agit-il ?


De princesses collectionneuses de costumes anciens, amoureuses du luxe et très féminines ?

 

L’une d’entre elle est là, grandeur naturelle, yeux de pâte de verre, elle porte une robe à traine et un manteau en satin de soie Bianchini-Férier, Maison de Soieries Lyonnaise, créée par le couturier José Capella, à Perpignan, en 2004.

 

 

 

 

Icône de Mode présente des collections rarement exposées: robes-manteaux de la Vierge Marie, six cents cinquante ans d’une création exceptionnelle et de prestige.
Vénérée, habillée et parée comme une vraie femme, portée en procession dans les rues lors de graves crises comme la peste, la Madone, outre sa sacralité, est dotée d’un rôle d’apaisement social, de protection des femmes enceintes. Ces dernières font ensuite don d’étoffes précieuses en remerciement.

 

L’exposition présente vingt-deux pièces, issues du vestiaire de la Vierge Noire de la Basilique Notre-Dame de la Daurade (doré) de Toulouse, dont les tenues contemporaines. Des costumes extraordinaires, issues des collections dix-huitième du Musée des Tissus de Lyon, composés de robes de statuettes d’enfant-Jésus habillés comme des souverains, et de robes empruntées à la mode des élégantes de la cour de cette époque.
Le vestiaire de Notre-Dame-de-la-Sacristie, de la Cathédrale St Jean-Baptiste à Perpignan, composé entre-autre de la création du couturier Catalan José Capella, portée par la statue lors des fêtes de Pâques; d’une robe sobre noire, ornée d’un coeur en argent transpercé de glaives sur la poitrine, portée lors du rituel de la semaine Sainte, tradition Espagnole maintenue à Perpignan.


Il est très surprenant d’observer l’opulence des tenues, les nombreux emprunts aux garde-robes féminines, voués au culte d’une Icône objet de vénération, mais pas de séduction.

Ici, le tissu est utilisé pour dissimuler une statue, mais c’est aussi une révélation, car ces vêtements factices donnent une présence spectaculaire et théâtrale, le regard porté sur ces étoffes est ainsi différent, le caractère sacré l’emporte. Le textile est une seconde peau, il donne une humanité et une distance, il y a donc un double mouvement, explique Maximilien Durand, le directeur du Musée des Tissus et Arts-décoratifs de Lyon. « la Madone est l’idéal absolu de la femme, elle porte des vêtements qui n’en sont pas. C’est un processus psychologique, qui parle aussi de nous, de la séduction, de la distance que nous posons envers les autres, selon notre tenue. L’exposition Icône de Mode permet de retrouver le pouvoir évocateur du textile, de susciter des questions, ré-affirmer que le tissu n’est pas n’importe quel matériau. » Maximilien Durand fait aussi référence à la robe Delphos , conçue par Mariano Fortuny, début du vingtième siècle, robe fluide et provocatrice à l’époque, surtout portée comme déshabillé, et qui fit scandale.

 

Icône de Mode a donc une forte proposition culturelle à transmettre. Courrez admirer le vestiaire de la Vierge Marie jusqu’au 25 mars 2012, au :

 

Musée des Tissus et Arts-décoratifs de Lyon
34 rue de la charité
69002 Lyon
http://www.museedestissus.com
Tel :04 78 38 42 00

 

Par Valerie Ferrat, mySeelk

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